En mai 2021, la Baie d'Hudson a lancé Charter for Change, une « plateforme d'impact social » promettant 30 millions de dollars sur dix ans à des organisations qui font progresser l'équité raciale, présentée comme une mise à jour de la Charte royale qu'elle détient depuis 1670. Début juillet, une amie de l'avocate torontoise et militante antiraciste Hadiya Roderique a aperçu le visage de Roderique sur une affiche de dons posée sur un comptoir dans un magasin de la Baie et lui a demandé quel travail elle avait fait pour l'entreprise. Roderique n'en avait fait aucun.
La photo, prise par Luis Mora, avait été réalisée pour l'essai de Roderique dans le Globe and Mail, « Black on Bay Street », sur le fait d'être une femme noire dans le droit canadien. Ni elle ni Mora ne l'avaient cédée sous licence ; son agence, KZM, affirme n'avoir jamais vendu l'image à la Baie et n'avoir appris son utilisation que lorsque CBC News l'a appelée. L'entreprise a déclaré que l'image provenait « du site web d'un photographe, utilisé comme source d'inspiration lors de l'élaboration de la campagne » et qu'elle « n'avait pas été mise à jour, comme prévu, pour refléter l'un des Canadiens participants ».
La Baie a qualifié l'utilisation d'erreur, s'est excusée publiquement et a déclaré que la photo avait été retirée de la campagne. Roderique a indiqué que l'entreprise lui avait dit qu'il s'agissait entièrement de leur erreur, lui avait assuré que les affiches étaient retirées des magasins, et avait souligné que l'utilisation d'images de personnes racisées pour recueillir des fonds destinés au travail antiraciste exige une vigilance accrue quant à leur consentement et à leur rémunération.
Des excuses publiques et le retrait des affiches, sur une collecte de fonds pour l'équité raciale de 30 M$ étalée sur 10 ans, que la bévue a sapée.
Une photo provisoire récupérée sur le site web d'un photographe devait être remplacée par celle d'un véritable participant à la campagne et est partie à l'impression sans être remplacée.
Personne n'a obtenu les droits auprès de la personne concernée, Hadiya Roderique, du photographe Luis Mora ou de son agence KZM.
La bévue se situait au cœur d'une collecte de fonds pour l'équité raciale, transformant une campagne de bonne volonté en étude de cas de l'effacement qu'elle entendait combattre.
La leçon
Une campagne sur la diversité est jugée à l'aune de sa propre chaîne d'approvisionnement : obtenir les droits sur chaque visage et chaque photo avant l'impression, pas après.
Suites
La Baie a tweeté « Cette image a été utilisée par erreur - nous regrettons profondément cette erreur », a déclaré que la photo avait été retirée et a indiqué à CBC qu'elle contactait Roderique directement. Roderique a confirmé que l'entreprise n'avait pas mâché ses mots sur sa propre erreur et a dit qu'elle pourrait demander une contribution financière à une organisation noire ou autochtone tout en réfléchissant à la suite. L'agence KZM a déclaré qu'elle protège les artistes marginalisés et qu'elle aurait exigé à la fois l'approbation de la personne concernée et un paiement avant de céder une telle image sous licence.
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