En janvier 2013, des tests ADN réalisés en Irlande ont révélé que des hamburgers de bœuf surgelés vendus par Tesco, Aldi et Lidl contenaient de la viande de cheval. La piste traversait une chaîne d'approvisionnement passant par quatre pays : l'abattoir roumain Doly Com expédiait de la viande de cheval correctement étiquetée, le négociant chypriote Draap Trading la déplaçait, et le transformateur français Spanghero la réétiquetait comme du bœuf avant de la vendre à Comigel, qui fabriquait des plats préparés surgelés pour des marques dont Findus.
Le 14 février 2013, le gouvernement français a déclaré que Spanghero avait sciemment vendu de la viande de cheval comme du bœuf. Son agrément a été suspendu. Certains produits de lasagnes Findus présentaient 60 à 100 pour cent de viande de cheval aux tests. La Food Standards Agency britannique a déclaré qu'une activité criminelle était « hautement probable ». La valeur boursière de Tesco a chuté d'environ 360 millions d'euros en une seule journée ; les ventes de hamburgers surgelés au Royaume-Uni ont baissé de 43 pour cent.
L'UE a lancé un programme de tests coordonnés — 2 500 tests d'ADN de cheval et 4 000 tests de phénylbutazone dans les États membres. Europol a coordonné des enquêtes transfrontalières. Le scandale a réécrit les règles européennes de traçabilité alimentaire et a fait de la « criminalité alimentaire » une catégorie réglementaire.
Spanghero a réétiqueté du cheval bon marché comme du bœuf via une chaîne impliquant quatre pays ; l'effacement de 360 M€ de Tesco et les rappels à l'échelle de l'UE ont fait de la criminalité alimentaire une catégorie réglementaire.
Une chaîne d'approvisionnement à quatre pays avec un négociant basé à Chypre rendait la fraude difficile à détecter depuis une seule juridiction.
La viande de cheval était nettement moins chère que le bœuf, et l'écart de prix constituait tout le mobile.
Les plats préparés surgelés sont opaques : le consommateur ne peut pas savoir quelle espèce se trouve dans une lasagne en la regardant.
La leçon
Plus une chaîne d'approvisionnement alimentaire est longue et opaque, plus la fraude devient rentable — la traçabilité n'est pas un coût de conformité, c'est la seule chose qui sépare la marque du crime d'autrui.
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