Le 26 juillet 2012, la filiale nord-américaine de Michelin, Michelin Americas Small Tires, a rappelé environ 800 000 pneus pour camionnettes sur le marché américain. Ils étaient vendus sous deux marques de Michelin, le BFGoodrich Commercial T/A A/S et l'Uniroyal Laredo HD/H, en deux dimensions de 16 pouces à indice de charge E.
Le défaut était une séparation au niveau de la ceinture de la bande de roulement. Dans son rapport de rappel aux autorités américaines de sécurité, Michelin a indiqué que les pneus pouvaient perdre leur bande de roulement et, dans certains cas, se dégonfler rapidement, présentant un risque pour la sécurité des véhicules automobiles. Une séparation de la bande de roulement à grande vitesse peut faire perdre au conducteur le contrôle du véhicule.
Les pneus concernés ne provenaient pas d'un seul lot défectueux. Les périodes de production déclarées par Michelin aux autorités s'étendaient du début de 2010 jusqu'au milieu de 2012 — soit environ deux ans et demi de production. Le défaut était intégré au produit sur toute cette période avant le dépôt du rappel.
Michelin n'a signalé aucun accident ni blessure, et le rappel était volontaire. Mais pour une entreprise dont la marque repose sur la sécurité, quelque 800 000 pneus porteurs d'un risque de séparation de la bande de roulement constituent une blessure de réputation autant qu'un défi logistique. L'ampleur du rappel mesurait la durée pendant laquelle le défaut était resté indétecté.
Michelin a rappelé environ 800 000 pneus parce que le défaut est resté indétecté pendant deux ans et demi, faisant du rappel la mesure de la durée pendant laquelle le défaut est passé inaperçu.
Le défaut était une séparation de la ceinture de la bande de roulement, une défaillance de fabrication qui permet à la bande de roulement de se détacher du corps du pneu — la défaillance qu'un fabricant de pneus doit le plus impérativement prévenir
Les pneus concernés couvraient une production allant du début de 2010 au milieu de 2012, de sorte que le défaut était systémique sur toute la ligne plutôt que limité à un lot qui aurait pu être discrètement remplacé
Un rappel d'environ 800 000 pneus est le coût d'un défaut qui a duré des années avant d'être détecté ; plus la période est longue, plus la population à risque est grande
Pour une marque qui fait de la sécurité sa promesse centrale, un rappel pour séparation de la bande de roulement nuit directement à la réputation, au-delà du coût du remplacement des pneus
La leçon
Un défaut qui s'étend sur deux ans de production n'est pas un lot défectueux mais un processus qui a cessé de se contrôler. Plus un défaut reste indétecté longtemps, plus le rappel est important et plus la blessure infligée à la marque est profonde.
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